Je suis le fils de l’abandonné.
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"Je suis le fils de l'abandonné"
Cette phrase peut sembler dure, presque violente. Elle est pourtant l’histoire de ma famille, l’histoire qui a précédé ma naissance et, sans doute, façonné une partie de ce que je suis. |
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![]() Tout commence en 1918, dans une France encore meurtrie par quatre années de guerre. |
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Ma grand-mère, brisée par le chagrin, |
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1919 : Mon père grandira sans elle ... |
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C’est cet homme, marqué par le manque mais animé par la volonté
de donner à ses enfants ce qu’il n’avait pas reçu, qui m’a élevé. Je suis né bien plus tard, dans un autre monde, mais j’ai grandi dans l’ombre douce et tenace de cette histoire. |
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Être « le fils de l’abandonné » |
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Mon père ne parlait que rarement de son enfance. |
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C’est ainsi que j’ai vu le jour en 1952 |
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Les souvenirs des années 1950 ont le goût des pâtes de coing maison, du chocolat offert |
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1950-1965
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Mon père travaillait à « l’usine », fier d’appartenir à cette grande famille ouvrière |
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Pour nous,
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1960 : Je grandissais dans cet univers protégé, entouré de visages connus, d’odeurs familières et de gestes rassurants. Si j’avais su alors combien ce monde allait changer, peut-être l’aurais-je observé encore plus attentivement, comme on grave dans sa mémoire les détails d’un lieu avant de le quitter. |
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Je suis le fils de l’abandonné ... |
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