Je suis le fils de l’abandonné.
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Pour clore ce chapitre sur l'abandon de mon père sur une note marquante, je veux raconter un épisode qui s’est déroulé quelques années après ma naissance,un souvenir que ma mère m’a confié bien plus tard.
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Par une belle matinée d’été, nous étions à l’école et mon père travaillait à l’usine. Un homme gara sa « Vespa » devant la maison, poussa le portail et s’adressa à ma mère, occupée à jardiner : |
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— Bonjour, je suis bien chez Jean-Baptiste Nazianza ? — Bonjour, oui… Il n’est pas là. C’est à quel sujet ? — Je suis son frère. Surprise, ma mère lui répondit que Jean était pupille de la Nation et qu’il n’avait pas de famille connue. |
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Ma mère l’invita à entrer. Peu de temps après, mon père rentra du travail. Devant la ressemblance frappante, il s’interrogea. Ma mère lui raconta tout. L’émotion fut si forte que l’ambiance se chargea de larmes — nous, les enfants, étions confinés dans nos chambres. En quelques minutes, mon père retrouvait une mère et deux frères. Et moi, je découvrais deux oncles et une grand-mère. |
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Les rencontres suivantes furent elles aussi pleines d’émotion. Ma grand-mère venait parfois passer quelques jours chez nous, nous racontant des histoires avec son accent italien. Quand nous allions chez elle, elle nous préparait des raviolis inoubliables. J’ai tenté de les reproduire plus tard… j’en rêve encore. |
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Puis, un jour, alors que nous lui rendions visite, ma grand-mère demanda à mon père de ne plus venir : "Si la directrice apprend que tu es mon fils, elle va te faire payer". Elle m’en a déjà parlé. Mon père proposa de payer sans problème, mais elle refusa. Les visites devinrent de plus en plus rares, et bientôt, je fus le seul à venir la voir, en utilisant le nom de jeune fille de ma mère pour éviter toute complication. |
Quelques mois plus tard, j’appris par hasard qu’elle était morte et déjà enterrée — nous n’avions pas été avertis. Mon oncle Joseph décéda peu après. Aujourd’hui, il ne reste que la famille du fils de Pensée… que je n’ai jamais revue. |
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Je suis le fils de l’abandonné ... |
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