Je suis le fils de l’abandonné.
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Je suis né en 1952, à Saint-Auban, comme beaucoup dans la petite maternité de la rue Henri Merle où 90 % des Saint-Aubannais ont vu le jour.
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Quand j’étais enfant, j’étais d’une sensibilité extrême : je pouvais m’évanouir pour une simple cuti, à la vue du sang, ou même sous l’émotion d’une messe de minuit. |
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A cette époque, le modèle patriarcal est la norme, la vie est rythmée par un quotidien plus lent et les femmes sont souvent cantonnées au rôle d’épouse et de mère. Mon père travaillait à « l’usine » et nous avions la chance, mes sœurs et moi d’être cajolés par ma « mère au foyer » malgré les tâches ménagères qui étaient encore laborieuses avant l’arrivée des machines.
Les réseaux sociaux n’existaient pas et la télévision devenait une distraction nouvelle. Les relations humaines reposent sur les échanges entre personne. Je me souviens des nombreuses connaissances qui passaient dire bonjour, offrant souvent des pâtes de coing maison ou du chocolat. La vie dans la « cité » est agréable grâce à l’usine Péchiney qui fournit la piscine, le stade, les sorties et équipements de ski bon marché etc … Les salaires sont modestes mais la vie est moins coûteuse. Les loyers sont bas, l’eau est gratuite et l’électricité pas chère toujours grâce à l’usine. Le pays est riche et modernisé par des gouvernants compétents. L’usine a beaucoup d’argent et en fait profiter les ouvriers. De gaulle a placé la France aux premiers rangs dans beaucoup de domaine. Puis, le concorde, le TGV, les centrales nucléaires nous placent parmi les meilleurs. Le monde du travail était stable et l’économie maitrisée. |
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Plus tard, alors que j’étais au « lycée de Château-Arnoux », les préoccupations environnementales sont quasiment inexistantes.
C’était le bonheur complet, sans smartphone, peu de télévision, pas de NIKE, pas de guerre etc .. Je suis conscient que j’ai traversé une période historique marquée par des transformations spectaculaires sur les plans sociaux. Technologiques, culturels et politiques. J’ai été témoin d’une évolution qui pourrait être qualifiée de révolutionnaire dans tous les aspects de la vie. Malgré tout, je reste imprégné des valeurs traditionnelles d’après-guerre. De même, on ne peut pas oublier « les Beatles », ni mai 1968, ni Charles De Gaulle … |
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Mon père travaillait à « l’usine », fier d’appartenir à cette grande famille ouvrière qui ne se contentait pas de produire de l’aluminium mais offrait aussi à ses employés un confort rare : piscine, stade, sorties, matériel de ski à prix modique. Ma mère, elle, était « mère au foyer », rôle alors naturel et respecté. Elle nous entourait d’une affection constante, malgré les tâches ménagères qui demandaient du temps et de la force — car le lave-linge et l’aspirateur n’étaient pas encore des compagnons courants |
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Les journées avaient un rythme lent et régulier. Les matinées sentaient le café au lait chaud et le pain grillé, les après-midi résonnaient des rires d’enfants jouant dans les ruelles, et le soir, les lampadaires diffusaient une lumière jaune qui donnait aux trottoirs un air de décor de théâtre. Les voisins passaient dire bonjour sans prévenir, déposant sur la table de la cuisine un plat de pâtes de coing maison ou une tablette de chocolat rapportée d’un voyage à Marseille |
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| Pour nous, les vacances étaient un luxe rare mais savouré : les colonies organisées par Péchiney, la colonie de Chauffayer, ou des séjours chez les grands-parents à la campagne. Parfois, il suffisait de rester dans la rue : on coinçait un morceau de carton entre les rayons du vélo pour imiter le bruit d’une moto, on improvisait un terrain de foot entre deux poteaux électriques, et on inventait des mondes qui nous occupaient des heures entières. Les plages du Var étaient aussi au programme, parfois juste pour la journée, pique-nique à la main et sable dans les cheveux. | |||||
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| C’était un monde où l’argent comptait peu. Les salaires étaient modestes mais la vie coûtait moins cher. L’eau était gratuite, l’électricité presque symbolique, et personne ne parlait encore d’écologie — le mot n’avait pas encore franchi la porte des foyers. La France semblait avancer avec confiance : De Gaulle à l’Élysée, le Concorde en préparation, les premières réflexions sur le TGV, les centrales nucléaires qui allaient bientôt voir le jour. Tout semblait possible. | |||||
J'ai commencé l'école à 2 ans. Beaucoup pensent que cela a causé ma bonne scolarité de primaire et mon année d'avance, arrivé au CE2. Ainsi, après le CM2, quand j'ai du passer l'examen de passage en classe de 6eme, je suis arrivé second avec 9,5/10 de moyenne toutes matières confondues.
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Je suis le fils de l’abandonné ... |
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